N° 46 – Pour une bibliothéconomie 2.0 plus « professionnelle »

Je poursuis mon plaidoyer pour que l’empreinte professionnelle soit de plus en plus marquée sur les plateformes Web 2.0, surtout ceux de partage de ressources Web. Outre le taggage fou qui y est constaté, j’y remarque souvent une autre forme de légèreté liée à la présentation de leurs références. Mon argumentation sera principalement axée sur Delicious, mais elle est tout aussi valable pour tout autre site de partage (type Connotea ou CiteULike).

Les « notices » descriptives de Delicious sont composées de 4 champs visibles (date de création, titre de la ressource, Notes, espace pour les tags). Delicious génère automatiquement le contenu de deux de ces champs : le titre, extrait de la balise <title> du code source de la page ou du site Web et la date, les autres étant renseignés par l’internaute qui propose le signet.  Le constat est que lors du processus de partage de la ressource :

  • nous nous contentons généralement du titre par défaut fourni par Delicious,
  • nous zappons le plus souvent la zone de notes sensée expliquer le contenu de la ressource signalée.
  • nos pratiques d’indexation (tagging) ne portent pas toujours le signe de la rigueur dans le choix des termes et leur transcription, (voir mon post précédent)

Devons–nous vraiment, en tant que professionnels de l’info-doc,  accepter d’être des adeptes de ce culte de l’amateurisme qui ne grandit pas notre rôle de médiateur d’information, d’être phagocytés par la grande masse  des internautes dont les pratiques spontanées contribuent à faire d’une partie du Web un grand capharnaum.

Je ne le pense pas.

L’idée véhiculée ici, est donc de professionnaliser les pratiques 2.0 des bibliothécaires et autres documentalistes sur les sites de partage des ressources web comme Delicious. Avoir le souci d’enrichir (ou embellir) ces notices comme nous le ferions pour une description bibliographique classique.

Comment arriver à accomplir cette exigence de professionnalisme ?

Voici quelques propositions personnelles

  • Choisir toujours, un titre explicite et concis. On peut toutefois se contenter de celui fourni par la plateforme, si celui-ci répond à ce désir de concision. Autrement, en fabriquer un (faut-il cependant le mettre en crochets carrés, pour suivre la logique de la norme ISBD ? :-) ). Aussi pourquoi, en suivant cette même logique, ne pas faire figurer dans ce champ titre une mention de responsabilité introduite par la barre oblique (Slash pour digital natives) pour identifier l’individu ou la collectivité créateur de la ressource ? Ceci permettrait d’un point de vue éthique, de mettre en avant leur travail et la compétence qui l’a sous-tendu.
  • Remplir systématiquement, la zone prévue pour la description de la ressource (Notes). Elle permet à l’internaute d’avoir un aperçu sur la nature, le contenu du site avant même de s’y rendre. Généralement toute page d’accueil d’un site propose un résumé de celui-ci et il suffit largement comme source d’information pour ce champ, sinon produire soi-même une brève description (genre analyse documentaire). Depuis quelques temps, j’insiste particulièrement sur cette pratique quand je signale des sites sur les différentes plateformes que j’utilise individuellement ou institutionnellement.
  • Mettre plus de rigueur dans le tagging en utilisant par exemple des taxonomies ou autres thésaurus. Et pour le cas spécial de Delicious, profiter de l’option « Tag Bundles » pour regrouper des mots-clefs sous une étiquette générique, équivalent ni plus ni moins, à créer des descripteurs maîtres comme dans un langage documentaire formel et hiérarchisé.
  • Enfin pourquoi ne pas « Labéliser » les ressources que nous partageons en tant que professionnels. J’aimerai bien faire le distinguo entre des ressources proposées par un professionnel et d’autres par  un internaute lambda. Ma « lubie » est d’imaginer un tag particulier (Doctag, Bibtag ?…) qui serait la marque par laquelle on pourrait savoir que telle ressource a été signalée par un bibliothécaire ou un documentaliste. Un narcissisme professionnel me fait croire que nos choix de ressources sont plus pertinents, parce que nous avons le meilleur profil de veilleur et de sélectionneur pour le Web :-) .

J’expérimente ces quelques idées sur mon compte personnel Delicious.

Les services de partage de ressources à orientation scientifique comme CiteULike ou Connotea, plus que Delicious, proposent des possibilités d’enrichissement de leurs notices par les champs de saisie qu’ils proposent, de même que LibraryThing dont le formulaire de saisie n’a rien à envier à un bordereau de SIGB. De tels outils nous permettent de  faire émerger notre expertise professionnelle en matière de description, tout en nous immergeant dans la dynamique participative et collaborative du Web.

La charge de travail occasionnée par un investissement dans l’espace partage des médias sociaux, surtout si on dispose de plusieurs comptes, peut être bien maîtrisée. En effet beaucoup d’extensions intégrables aux divers navigateurs (la palme à Firefox et filiale comme Flock) permettent d’alimenter semi-automatiquement ces plateformes. Si on utilise plusieurs de ces plateformes il est possible de les relier entre elles et réussir la « prouesse » d’être partout et nulle part en même temps : partager une ressource sur un outil principal et par un jeu de liaison (avec la technologie RSS) mettre à jour automatiquement les autres outils auxquels on a souscrits. Cette possibilité que j’appelle « transitivité 2.0 » doit être mise à profit pour tout bibliothécaire (2.0) utilisant plusieurs services.

Le web 2.0 en bibliothèques est loin d’être une corvée, il est aussi une histoire de passion. Passion due au fait que s’investir dedans permet de sortir d’un possible et probable train-train quotidien, de développer un esprit d’initiative, d’innovation et de faire de la bibliothéconomie ou de la documentation d’une autre façon et avec efficacité.

PS : Ce blog a aujourd’hui 2 ans d’existence, à cette occasion j’offre 20 invitations pour Google Wave. Un simple commentaire sur ce billet suffit en  n’oubliant  pas d’y faire figurer une adresse mail valide ;-) .

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N° 45 – Les Thésaurus sont aussi utiles pour le tagging

A l’heure de la taxonomie populaire, composante centrale du Web 2.0, les systèmes normalisés de description des ressources documentaires et d’organisation des connaissances restent toujours de vigueur.  C’est un moindre mal pour un spécialiste de l’info-doc que de faire un round-up de quelques outils de ce type, afin de rappeler que l’indexation sociale décrite comme « sagesse des foules », ne saurait être notre ultime état d’indexeurs formés à la dure école de l’analyse de contenu et de la classification des documents d’information. Voici donc mon choix de 10 thésaurus en ligne, pour ceux qui seraient tentés d’oublier que ces outils existent toujours.

  • Macrothésaurus de l’OCDE : Il fournit un ensemble de descripteurs (mots clés) pour l’indexation d’ouvrages et de documents traitant de questions relatives au développement économique et social. Il constitue également un outil d’aide en recherche documentaire pour les centres de documentation, les bibliothèques et les banques de données
  • Thésaurus Eurovoc : il est multilingue et couvre tous les domaines de l’activité de l’Union européenne, il permet d’indexer les documents dans les systèmes documentaires des institutions européennes et de leurs utilisateurs. Ce produit documentaire est actuellement utilisé par le Parlement européen, l’Office des publications des Communautés européennes, les parlements nationaux et régionaux en Europe, des administrations nationales et par certaines organisations européennes. Disponible en téléchargement au format PDF  et voir ici la liste alphabétique permutée de la version PDF en français
  • Thésaurus AGROVOC : thésaurus agricole multilingue de la FAO. AGROVOC comporte 16607 descripteurs et de nombreux non-descripteurs (synonymes). Il y a 9976 non-descripteurs en français. Le site web de la FAO peut être consulté en anglais, français, espagnol, arabe et portugais. Un grand nombre de versions, en d’autres langues, sont utilisées dans le monde entier. Liste alphabétique du Thésaurus.
  • Thésaurus UNESCO : Le Thésaurus de l’UNESCO est une liste de termes contrôlés et structurés pour l’analyse thématique et la recherche de documents et publications dans les domaines de l’éducation, la culture, les sciences naturelles, les sciences sociales et humaines, la communication et l’information. Continuellement enrichie et mise à jour, sa terminologie reflète l’évolution des programmes et des activités de l’Organisation. Le Thésaurus de l’UNESCO contient 7.000 termes en anglais et en russe et 8.600 en français et en espagnol.
  • Thésaurus UNBIS : UNBIS est élaboré, au sein du Département de l’information, par la Bibliothèque Dag Hammarskjöld. Il contient la terminologie utile pour l’analyse thématique des documents et autres publications relatifs aux programmes et activités de l’Organisation des Nations Unies. Il est utilisé comme le fichier d’autorité du Système d’information bibliographique de l’ONU (UNBIS) et a été incorporé en tant que liste de sujets du Système de diffusion électronique des documents de l’ONU (SEDOC). Le Thésaurus UNBIS est un outil multidisciplinaire, abordant l’ensemble des domaines d’action de l’Organisation. Les termes intégrés dans le Thésaurus UNBIS ont pour objectif de refléter de manière précise, claire et concise, et à un niveau de spécificité adéquat, tous les domaines d’importance et d’intérêt des Nations Unies.

En plus de ces cinq « grands » thésaurus généralement bien connus, j’ai découvert les cinq suivants qui ne manquent pas non plus d’intérêt.

  • Thésaurus de Santé publique : édité par la Banque de données en Santé publique (BDSP) qui est un réseau français de coopération pour la mise en ligne de sources d’information en santé publique. La quatrième édition présentée ici est constituée de 12825 termes : soit 7144 descripteurs, répartis en 57 sous-domaines (appelés également « champs » ou « micro-thesaurus ») et 5681 synonymes, ou « non-descripteurs », qui renvoient vers un descripteur valide.
  • Thésaurus d’éthique des sciences de la vie : consultable de façon autonome (indépendamment de l’interrogation d’une banque de données) et téléchargeable en PDF. Il est produit par Deutsches Referenzzentrum für Ethik in den Biowissenschaften de Bonn (éditeur principal), le Centre de documentation en éthique des sciences de la vie et de la santé de l’ INSERM/CCNE de Paris, Informations- und Dokumentationsstelle Ethik in der Medizin de Göttingen, Interfakultäres Zentrum für Ethik in den Wissenschaften de Tübingen et Library and Information Services of the Kennedy Institute of Ethics de Washington DC.  En 2005 il comptait 2 844 descripteurs, 889 non-descripteurs. Disponible en 3 versions linguistiques (allemand, anglais, français).  (source : http://dossierdoc.typepad.com/descripteurs/2006/03/thsaurus_dthiqu.html)
  • Thésaurus du BIT : ce Thésaurus du Bureau international du travail (BIT) est une compilation de plus de 4000 termes relatifs au monde du travail. Il contient des termes englobant un large éventail de sujets liés au développement économique et social. La priorité est donnée aux domaines d’intérêt principaux du BIT: le travail, la main-d’oeuvre et l’emploi, les normes du travail, l’administration du travail et les relations de travail, la formation professionnelle, la protection sociale, les conditions de travail, les salaires, la sécurité et la santé au travail, petite entreprise, le secteur informel et les droits de l’homme sur le lieu de travail. Chaque terme est présenté en anglais, français, et espagnol.
  • Thésaurus URBAMET : URBAMET couvre les champs thématiques de l’urbanisme, l’aménagement, l’habitat, la construction, l’architecture et les équipements. Le thésaurus présente aujourd’hui 4250 descripteurs répartis en 24 tableaux. Les synonymes et les renvois (« voir aussi ») facilitent la recherche. Chaque descripteur n’appartient qu’à un seul tableau sémantique et son acception découle de la place qui lui a été assignée dans cette organisation.

Après ce bref aperçu de quelques outils de classification, je voudrais juste souligner qu’il ne s’agit pas pour moi de remettre en cause le tagging (d’ailleurs nul ne peut arrêter la mer avec ses bras, encore moins le tag dans le contexte du Web social), mais de l’adapter à notre état professionnel. Lorsque nous taggons sur les différentes plateformes Web 2.0 auxquelles nous avons souscrites, de façon individuelle ou institutionnelle, pourquoi n’utiliserions-nous pas des descripteurs issus de ces langages documentaires formels pour harmoniser nos pratiques indexatoires ? Cela nous détacherait de l’amateurisme qui se manifeste généralement dans la liberté de description de contenu permise par les médias sociaux. Une sorte de « folksonomie assistée » qui nous permettrait, par exemple, d’uniformiser l’indexation dans des réseaux sociaux, de partage ou de collaboration documentaires.  Pour que vivent et survivent les thésaurus et autres répertoires et listes de vedettes-matières dont l’utilité pourrait être remise en cause.

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Macrothésaurus de l’OCDE
Thésaurus AGROVOC
Thésaurus de Santé publique
Thésaurus d’éthique des sciences de la vie
Thésaurus du BIT
Thésaurus Eurovoc
Thésaurus InterWater
Thésaurus UNBIS
Thésaurus UNESCO
Thésaurus URBAMET

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N° 44 – Web 2.0 pour la recherche collaborative et le réseautage

Tel est l’intitulé du cours de formation régionale s’étant déroulé du  16 au 20 novembre 2009 à Dakar. Ce cours organisé par le CTA et l’UCAD fait partie de la longue liste des formations  initiées par le CTA depuis une dizaine d’années. 26 auditeurs provenant d’instituts de recherche agronomique ou d’universités de 8 pays d’afrique francophone (Benin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Niger, Sénégal) ont eu le privilège d’être sélectionnés pour suivre ce cours. Les objectifs généraux tels que définis par les formateurs étaient de :

  • Favoriser les échanges d’information locale pour le développement agricole durable dans les pays ACP en utilisant les outils et stratégies 2.0 pour communiquer, échanger et diffuser de manière efficace
  • Améliorer la connaissance des technologies de l’information et de la communication, afin de renforcer les échanges et les diffusions entre les partenaires et d’accroître le rayonnement des produits et services d’information dans ce nouveau contexte en pleine mutation

Concernant les objectifs spécifiques, ils se déclinent en ces termes :

  • Définir ce qu’est le Web 2.0 : modèles de conception et d’affaires pour la prochaine génération de logiciels
  • Exploiter les différentes particularités du Web 2.0
  • Expliquer les caractéristiques technologiques du Web 2.0

La première journée a été consacrée à une introduction au Web 2.0 et l’utilisation de quelques services  comme Facebook pour la gestion d’un réseau social, Picasa pour le partage d’images et SurveyMonkey pour la création de sondage électronique. Les quatre autres journées ont été , tour à tour, consacrées aux espaces applicatifs de la galaxie Google avec des sessions sur la suite Google Docs, Google Agenda et une incursion dans la blogosphère pour une initiation à la création de blogs avec Blogger.  Des sessions sur les outils de veille que sont les flux RSS, les plateformes d’édition collaborative que sont les wikis avec le choix de l’outil WikiEducator, l’ espace de  messagerie instantanée qu’est Google talk, les licences Creative Commons qui sont la pierre angulaire de l’environnement juridique du Web social, la cartographie et la localisation en ligne avec Google maps et enfin les espaces ludiques pour créer des logos avec Logoease, des icônes avec Getfavicon et Convertico et enfin des podcasts avec Podomatic.

Les étapes finales de ce cours ont été d’initier des projets individuels ou collectifs et de définir des plans d’actions pour l’utilisation de ces différents outils collaboratifs dans un contexte professionnel local, voire externe. Ces deux sessions ont permis de mesurer le degré de compréhension et d’appropriation du concept Web 2.0 par les participants qui, par ailleurs, ont montré par leurs réalisations (blogs, pages de wikis, etc…) que les leçons ont été bien assimilées :-) .

Saluons encore une fois de plus l’initiative du CTA de prendre en considération la réalité Web 2.0  et la formidable opportunité qu’elle offre, pour nos environnements technologiquement attardés,  de pouvoir produire des contenus, de les partager et de se forger des visibilité et identité numériques qui étaient utopiques en d’autres temps. Reste maintenant à faire vivre les embryons de produits ainsi créés et les pérenniser avec des contenus pertinents partagés (en consultation et en écriture si possible), pertinence qui commence le plus souvent par la simple relation de ce que l’on fait tous les jours, sans pour autant se soucier des canons scientifiques en matière de publication, la Science disposant d’espaces appropriés en la matière.

Alors, « De l’audace, encore de l’audace et toujours de l’audace » (Georges Jacques Danton)….pour que l’Afrique soit sauvée, car l’audace est la clé pour progresser, avancer, s’élever de la multitude et ouvrir la voie à ceux qui n’osent pas, car il y a toujours quelque  chose à trouver, à créer, ou à montrer.

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N° 43 – A la découverte de « Linked Data »

Il y a un an j’introduisais, avec la prudence qui sied à un non spécialiste, le sujet du Web sémantique. Depuis beaucoup d’eau a coulé sous le « pont-abri » sous lequel je m’abritais et j’ose maintenant sortir de cet abri pour approfondir mon discours sur le concept. Lors du dernier IFLA 2009 (section Information Technology) il a été souvent question de ce  Web sémantique et plus spécialement de  « Linked Data« . Pour comprendre de quoi il est question, il faut faire un bref rappel de ce qu’est le Web tel que nous le connaissons, l’utilisons et le pratiquons aujourd’hui. Ce Web traditionnel est une gigantesque quantité de documents reliés entre eux par des liens hypertextes et accessibles grâce au protocole de communication HTTP. Ces documents sont lisibles et l’on peut suivre les liens qui y sont inclus et accéder à d’autres documents renvoyant eux-mêmes à d’autres documents et…c’est tout. Soyons clairs, mon intention n’est nullement d’amoindrir les effets bénéfiques de ce Web qui a contribué à faire de notre planète une Pangée virtuelle. Mais il se trouve qu’au-delà du document il y a de la matière plus fine, un composant de ce même document, dont la prise en compte renforcerait plus, les fondations de ce supercontinent virtuel adoré qu’est le Web. Cet élément si important n’est autre que la donnée qui est le constituant principal du document. Il ne s’agit ni plus ni moins que de faire de cette donnée une matière première essentielle à la manufacture du Web futur (3.0 ?).

Le Linked Data s’inscrit dans cette logique car son objectif  est de permettre aux gens de partager des données structurées sur le Web aussi facilement qu’ils peuvent partager des documents aujourd’hui.

C’est Tim Berners-Lee lui-même qui invente le terme dans son article Linked Data. En effet qui de mieux que le créateur du Web pouvait être à la base d’une telle idée visant à tracer la courbe évolutive de son oeuvre ? Le terme se réfère à un style de publication et d’interconnexion des données structurées sur le Web. L’hypothèse de base du Linked Data est que, plus une donnée est étroitement liée à une autre, plus augmentent sa valeur et son utilité. En résumé, le Linked Data est tout simplement une utilisation du Web pour créer des liens entre des données provenant de sources différentes.

linkeddata_cloud

Les principes de base du Linked Data sont les suivants :

  • utiliser le modèle de données RDF pour publier des données structurées sur le Web
  • utiliser des liens RDF pour interconnecter des données provenant de différentes sources

Appliquer ces deux principes conduit à la création d’une communauté de données sur le Web, un espace où les gens et les organisations peuvent fournir et consommer n’importe quel type de données. Cette communauté de données est souvent appelé le Web de données ou Web sémantique.

Le Web de données est accessible par l’utilisation des navigateurs Linked Data (exemples : DISCO, Openlink version demo), tout comme le Web des documents (traditionnel) l’est par le biais des navigateurs HTML. Toutefois, au lieu de suivre des liens entre les pages HTML, les navigateurs Linked Data permettent aux utilisateurs de surfer entre les différentes sources de données en suivant des liens RDF. Cela permet à l’utilisateur de démarrer par une source de données et ensuite de se mouvoir dans un Web potentiellement infini de sources interconnectées grâce à ces liens RDF. Par exemple, pendant qu’un usager étudie  les données sur une personne provenant d’une source, il peut être intéressé par des informations sur la ville de résidence de cette dernière. En suivant un lien RDF, l’usager peut accéder  à l’information concernant cette ville, information figurant dans un autre silo de données.  Le Linked Data permet donc d’établir des relations entre des données et c’est de cela qu’il s’agit fondamentalement. Ces relations peuvent être de différentes natures. Par exemple, un lien RDF qui relie des données sur les personnes peut affirmer que deux personnes se connaissent, aussi un lien RDF qui connecte les informations personnelles avec des informations sur les publications dans une base de données bibliographiques, pourrait stipuler qu’une personne est l’auteur d’un document particulier.

Il faut donc retenir que tout comme le document Web traditionnel peut être exploré en suivant des liens hypertextes, le Web de données s’explore en suivant les liens RDF. Le ciment qui maintient ensemble les documents sur le Web traditionnel est constitué par les liens hypertextes dans les pages HTML. Celui du Web de données l’étant par liens RDF.

Lien hypertexte versus Lien RDF, un face-à-face : où cependant demeure un dénominateur commun, à savoir l’incontournable HTTP, ce protocole sans lequel aucune ressource (document) n’est accessible sur le Web. En effet c’est ce même protocole qui permettra d’accéder aux données reliées entre elles,  mais par des URI (Uniform Resource Identifier). Avec le Linked Data, HTTP permettra d’accéder non plus aux documents seulement, mais sera utilisé pour des personnes, des lieux, des événements, etc. et n’importe quel concept sur le Web aura un nom commençant par HTTP qui sera son identifiant unique. Avec l’utilisation de ce protocole HTTP, le Web nous renvoie des informations, des données qui sont importantes ou utiles parce qu’elles peuvent susciter un intérêt insoupçonné au départ : par exemple si c’est un événement, qui s’y rend ? Si c’est une personne, où est-elle née ?.  Ces données une fois récupérées ne fournissent pas uniquement des renseignements sur elles-mêmes, mais aussi et surtout des relations. Par exemple je  fais une recherche sur Senghor qui est né à Joal, Joal étant une ville du Sénégal. Dès qu’il y a une relation entre deux données, l’élément lié est nommé avec un nom commençant par HTTP. A partir de son nom HTTP je peux accéder à cette ressource, ici « Senghor », ensuite je peux accéder à sa ville de naissance « Joal », à son pays le « Sénégal », à la population de son pays, etc.. Ici apparaît un formidable intérêt, qui est la réduction du temps de recherche sur le Web et un affinement automatiquement de cette recherche. Dès l’affichage du résultat on dispose de toutes les données connexes à une ressource requise.

Dans le Linked Data imaginé par Tim Bernes-Lee il faut juste des données, disponibles, brutes, émanant de toutes sources, individuelle ou collective pour rendre le monde encore meilleur.

A la prochaine pour des informations supplémentaires et surtout pour voir comment les bibliothécaires peuvent participer au mouvement.

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N° 42 – Echos de Milan : IFLA 2009 (III)

Ite missa est !

poland_iflaVoilà Milan c’est fini, l’heure est au bilan de 5 jours bibliothéconomiques les plus importants de l’année. Avant de tirer les conclusions de ces joutes auxquelles ont participé des bibliothécaires venus des quatre coins du monde, voyons les dernières activités vécues. Je finissais mon post précédent par l’annonce de la tenue d’une session sur les bibliothèques et le Web 2.0 et manifestais un enthousiasme non feint. Côté résultat tout a été positif dans le sens où, les présentations et discussions qui en ont découlées m’ont réconforté dans mes certitudes d’avoir pris le bon wagon du Web 2.0 en y embarquant mon âme de bibliothécaire. Sachant que j’avais des expériences à faire partager je ne me suis pas privé de l’occasion pour les exposer au coordonnateur du groupe d’intérêt spécial « Libraries and Web 2.0 » (émanation de la section « Information technology ») et participer ensuite à la réunion des administrateurs du groupe pour réfléchir sur les contenus de ses sessions prochaines lors des deux prochains congrès de l’IFLA. Je me suis aussi intéressé à la section « Périodiques et autres ressources continues » avec des présentations intéressantes. J’ai surtout retenu pour cette session, les ressources gratuites disponibles et qui ont été signalées par quelques orateurs. En voici quelques unes, qui sans doute seront d’un certain apport dans l’enrichissement de nos ressources électroniques en ligne et permettront d’avoir une vue d’ensemble, mise à jour, des archives ouvertes en service dans le monde : les projets OpenDOAR et ROAR (Registry of Open Access Repositories). Il a été   aussi question au cours de cette session des « Overlay journals » (si vous n’avez toujours pas compris…cliquez ici) et accédez à quelques exemples : Naboj, SIGMA (Symmetry, Integrability and Geometry: Methods and Applications), Interjournal et Philica.

La section « Information Literacy » a organisé un atelier sur l’utilisation et la promotion du logo dédié à cette discipline avec invitation faite à tous de le vulgariser. Pour se familiariser avec ce dernier je vous le présente ci-dessous et vous laisse admirer sa simplicité artistique et les nombreuses interprétations qu’il est susceptible de susciter (encore un bon exemple d’analyse pour étudiants en bibliothéconomie ?)

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Pour de plus amples informations sur cette session vous pouvez consulter le blog dédié à l’Information Literacy animé par Sheila Webber de l’Université de Sheffield et aussi visiter le site Web du logo pour le télécharger éventuellement.

Après un petit détour par la section Afrique, j’ai fini mon parcours IFLA 2009 par les ultimes réunions des comités permanents des sections « Information Literacy » et « Information Technology » où ont été tirés leurs bilans respectifs  et posés les jalons pour les congrès à venir, notamment en réfléchissant et adoptant les topics pour les réunions satellites préludes à la conférence de Göteborg en 2010.

Le bilan a donc été largement positif pour moi-même, j’ai pu enfin comprendre comment fonctionne réellement un congrès de l’IFLA et surtout comment en tirer largement et efficacement profit. J’ai pu rencontrer des personnes ressources sur différents domaines qui m’intéressent et ai surtout pu nouer contact avec eux. duomo

Un grand merci encore une fois au CFI qui nous a permis d’assister aux réunions des comités permanents des sections avant l’ouverture officielle du congrès, cela m’a permis de me faire connaître et même de déposer des candidatures pour être membre correspondant et/ou associé des deux sections ciblées et enfin de prendre langue avec le groupe d’intérêt spécial « Bibliothèques et Web 2.0″.

A bientôt pour d’autres suites éventuelles de ce 75e congrès et assemblée générale de l’IFLA.

ADDIO Italia,

HEJ Sverige !

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N° 41 – Echos de Milan : IFLA 2009 (II)

session IL_iflaDéjà 4 jours révolus pour la grande messe des bibliothécaires en Lombardie et beaucoup de communications, c’est-à-dire beaucoup d’idées émises pour améliorer notre vécu entre salles de lecture, magasins et comptoirs de prêt. Au fait j’ai commis un grand péché que d’avoir omis de mentionner le thème du congrès de cette année : « Les Bibliothèques créent le futur : construire sur l’héritage culturel« , un véritable sujet de dissertation pour des apprentis bibliothécaires. Nous sommes donc pleinement entrés dans le vif du sujet et les réunions, communications, conciliabules formels et informels se succèdent en un ballet ininterrompu. J’aurais aimé être partout à la fois et entendre toutes les choses qui se disent dans les différentes salles consacrées aux sessions. Dommage que l’Homme soit dénué de la faculté de dédoublement. Alors ne pouvant être présent que là où c’est possible et « intéressant », je vais ravaler ma frustation de ne pouvoir dire plus que ce que j’ai vu et entendu.

Sur le sujet de l’information literacy (maîtrise de l’information) j’ai suivi la session du lundi qui a vu 8 orateurs exposer avec brio sur le thème. Ce qui a attiré mon attention c’est l’usage de concepts qui m’étaient complètement inconnus et que j’ai découverts. Dans l’ordre on a parlé de Transliteracy (Translittératie), de Media Literacy (Education aux médias), de Visual Literacy et de Cultural Literacy (Alphabétisation culturelle : traduction tirée de cette note de lecture lue sur le site de l’UNESCO). Je ne peux vous en dire plus concernant ces concepts car ne les ayant pas encore suffisamment étudiés et m’étant seulement borné à une recherche sur le Web pour prendre quelques définitions ou commentaires s’ils existent.

Après une quinzaine d’années passée à faire de la description bibliographique, je ne pouvais pas faire l’impasse sur les sessions sur le catalogage dont le sous-titre très évocateur était : « Nouveaux principes, nouvelles règles, nouveaux catalogues ». D’abord beaucoup de nouvelles sur l’ISBD (ce vieux machin qui a causé moult tortures quand il fallait nécessairement alimenter les fichiers manuels par des fiches cartonnées. Vive l’import de notices grâce à l’informatique). Ensuite un exposé sur les nouvelles règles de catalogage pour l’Italie et enfin une incursion dans l’univers bibliographique persan en passant par un très intéressant discours sur le catalogage des « objets culturels » (pour rester dans le thème du congrès).

J’ai aussi suivi une partie de la session sur UNIMARC, notamment les projets en cours pour modifier ce format en vue de le rendre conforme aux desiderata du Web sémantique et les connexions qu’il doit avoir avec les « nouveaux » machins qui vont bientôt être (ou qui sont déjà) le pain quotidien des bibliothécaires…d’un futur très proche (ou déjà là), à savoir : RDA, FRBR, FRAD, Dublin Core, etc.

Comme la lune, un congrès de l’IFLA à aussi une face cachée où le sujet bibliothéconomique devient accessoire. En effet l’AIFBD, après avoir organisé son assemblée générale et vue une inscription massive de nouveaux adhérents, nous a offert une soirée dans un jazz café de Milan où un banquet royal nous a été servi, je vous fais l’économie des détails subsidiaires. De même, le mardi était consacré « social events » avec un dîner gratuit pour tous les participants dans les différents restaurants situés tout autour de la place Duomo et la Galerie Victor Emmanuel II, suivi d’un concert de musique classique gratuit dans la magnifique Cathédrale Duomo et des expositions d’ouvrages rares comme l’ouvrage de Luca Pacioli De divina proportione illustré par Leonardo da Vinci lui-même, etc.

Il est temps de se dire au revoir et d’aller me blottir dans les bras de Morphée et de rêver à une séance du lendemain où l’on parlera de « Bibliothèques et Web 2.0″ tout un programme pour moi.

ARRIVEDERCI !

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N° 40 – Echos de Milan : IFLA 2009 (I)

De retour, après un long break de deux mois, dont un dédié aux vacances, où j’ai eu le plaisir de faire des randonnées sur les pistes caillouteuses des Tatras, poussant même le culot jusqu’à gravir l’un de ses sommets les plus hauts et le plus populaire qu’est le  Kasprowy Wierch (1985 mètres) en… téléphérique mais avec une descente à pied, provoquant le plus grand étonnement de petits moutards slaves, rencontrés sur ses pentes vertigineuses et qui ont dû lire où apprendre quelque part que les nègres ne se rencontraient jamais en haute montagne. Bref je promets une page supplémentaire à ce blog pour y conter mes chroniques polonaises avec mention spéciale à la capitale des Tatras qu’est la ville de Zakopane que m’a fait découvrir mon amie (merci Zuza pour ce bonheur montagnard et complétement sportif).

milaniflaMon propos principal à partir de ce billet est de vulgariser toutes les réalités, par moi observées, durant le 75e congrès de l’IFLA qui se tient à Milan, capitale de la Lombardie. Première impression d’un « newcomer », le sentiment d’avoir atteint le graal du bibliothécaire. En effet comment ne pas s’enthousiasmer comme un bambin, quand des décennies de rêves viennent soudainement se transformer en minutes de réveil fantastique lorsque que l’on accroche au cou, le fameux badge floqué de son identité et sa nationalité. Le reste n’est que bonheur lorsqu’on éprouve le sentiment d’être membre d’une grande famille et de découvrir que bibliothécaire n’a jamais rimé avec solitaire, ni ordinaire. Ce bonheur a été possible grâce au concours du Comité français IFLA (CFI) qui m’a fait l’honneur de me coopter parmi ses boursiers de cette année.

En pratique, le premier jour a été un saut dans le grand bain avec la découverte des organes d’action de l’IFLA que sont les comités permanents des sections (standing committees) où les membres vous accueillent à bras ouverts et vous permettent de vous exprimer en vous présentant d’abord et éventuellement en donnant quelques avis sur les « topics » constituant l’agenda du jour. Il faut dire cette deuxième éventualité est la moins évidente à accomplir tant on est intimidé par l’auditoire, composé en général par les « gourous » d’un domaine donné de l’IFLA et dont on a souvent eu l’écho de leurs compétences au cours de son parcours professionnel et que l’on a le privilège de voir en chair et en os, voire discuter avec eux. Rien que pour cela un congrès de l’IFLA mérite d’être vécu.

Mes deux favoris pour ce congrès et auxquels j’ai participé sont les standing committees des sections « Information Literacy » et « Information Technology« . Choix difficile parmi une quarantaine de sections où il fallu nécessairement faire une croix sur des thèmes qui me tenaient à coeur. Là, est l’une de s premières leçons  apprises au cours du congrès et qui est d’être conscient que l’on ne peut pas tout suivre dans une rencontre de ce type et qu’il faut nécessairement bien choisir ses centres d’intérêt et tracer son parcours de congressiste autour de ces derniers. Cette exigence nous a été confirmée par les anciens bousiers, lors de la réunion de tous les boursiers du CFI tenue après les caucus « Afrique, Asie & Océanie et Amérique latine & Caraïbes » et « Francophone ». Le premier caucus que j’appellerais « reste du monde » a surtout eu pour objet de discourir sur l’annulation de la candidature de Brisbane (Australie) au profit de Göteborg (Suède) pour le congrès de 2010. La secrétaire générale de l’IFLA a procédé à une séance d’explication sur cet événement qui a dû être douloureusement ressenti par les collègues de la zone Océanie voire asiatique qui auraient eu un congrès tout près de chez eux. Le deuxième caucus qui a suscité mon intérêt était celui des francophones, où l’objectif de rendre la présence francophone au sein des organes et sections de l’IFLA ont été réaffirmés par le président du CFI et celui l’Association internationale francophone des bibliothécaires et documentalistes (AIFBD). Ces deux structures ont présenté leurs boursiers respectifs pour ce congrès, de même que tous les élus francophones dans les instances de décision de l’IFLA, soit une cinquantaine de collègues ce qui réellement est une performance très fort appréciable dans un environnement très fortement anglo-saxon et où la langue de Shakespeare s’impose à tous.

La deuxième journée a été consacrée à la session officielle d’ouverture, à un lunch offert par l’IFLA à tous les participants et enfin à une session dédiée à tous les « Newcommers » comme moi, en vue de nous expliquer, en résumé, comment réussir une participation à un congrès IFLA.

A bientôt pour la suite de mes aventures milanaises.

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N° 39 – Revues en version blog

Dans le post précédent je faisais part de l’initiative prise par M. Olivier Sagna du CODESRIA (et aussi enseignant à l’EBAD) au Sénégal, de mettre en version blog les revues de cette prestigieuse institution dont le but est d’appuyer le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique. Eh bien c’est fait grâce à WordPress ! Onze revues sont désormais « bloguées » avec pour chaque revue une version anglaise et une version française. Chaque blog se compose de 5 pages dont l’accueil où est présenté le sommaire du dernier numéro publié, la présentation qui définit la perspective éditoriale de la revue, la page des archives qui donnent accès au texte intégral des numéros antérieurs, le signalement des titres des autres revues de l’organisation et enfin la page des contacts. Ainsi par le biais de ce média qu’est le blog, les revues du CODESRIA ouvrent la porte aux commentaires des potentiels lecteurs.

Liste des revues avec une brève présentation de chacune d’elles.

  • Afrique et Développement : c’est une revue de sciences sociales consacrée pour l’essentiel aux problèmes de développement et de société. Son objectif fondamental est de créer un forum pour des échanges d’idées entre intellectuels africains partageant des convictions diverses et provenant de différentes disciplines .  Cette revue est également ouverte aux autres chercheurs travaillant sur l’Afrique et à ceux se consacrant à des études comparatives sur le tiers monde.
  • Le Bulletin du CODESRIA : il a pour objectif de stimuler la discussion, les échanges d’informations et d’encourager la coopération entre les chercheurs travaillant sur l’Afrique dans le domaine des sciences sociales et des humanités. Le Bulletin est trimestriel et distribué à titre gracieux aux  universités et instituts de recherche en Afrique. Il est publié en anglais, en français et en portugais.
  • Revue africaine de sociologie : dans cette publication semestrielle, les articles et autres communications scientifiques proviennent d’universitaires d’Afrique et d’ailleurs sur la problématique des analyses sociales ou d’ordre général. La vocation première de la Revue est de servir de support au développement de la pensée sociologique et anthropologique au sein de la communauté des chercheurs africains. Néanmoins, toute contribution pertinente venant de l’extérieur du continent est également prise en compte.
  • Identité, Culture et Politique : un dialogue Afro-asiatique : c’est une publication bi-annuelle du Conseil pour le Développement de le Recherche en Sciences Sociales en Afrique (CODESRIA) de Dakar (Sénégal) et de l’International Centre for Ethnic Studies (ICES) de Colombo (Sri Lanka). Son but est de favoriser la diffusion des connaissances et les échanges d’idées et de réflexions entre les chercheurs et militants africains et asiatiques.
  • Revue africaine des relations internationales : Publication bi-annuelle, elle offre une tribune pour l’analyse des questions contemporaines concernant les affaires internationales africaines, en relation avec les évènements mondiaux qui ont des répercussions sur le continent. La Revue sollicite des contributions, en anglais et en français, aussi bien d’ universitaires africains que d’universitaires d’autres continents travaillant sur l’Afrique.
  • Revue africaine des médias : Principale revue de communication en Afrique, elle sert de forum favorisant la recherche et les débats relatifs à la théorie, la pratique et la politique de communication au niveau du continent. Elle cherche à conscientiser les individus sur l’interaction entre les médias, la communication et le processus sociaux en Afrique, mais également sur la manière dont ceux-ci modèlent et sont modelés par les politiques et pratiques à l’échelle mondiale, régionale et locale. Cette Revue est ouverte aux contributions portant sur tous les aspects de la communication traitant de la condition africaine ou liés à l’Afrique et aux Africains. Elle accueille notamment des articles relevant des sciences de l’information.
  • Revue africaine des livres : Paraissant deux fois l’an en anglais et en français, elle est coéditée par le Forum des sciences sociales (FSS), basé à Addis-Abeba (Éthiopie) et le Centre  de recherche  en anthropologie sociale et culturelle (CRASC), établi à Oran (Algérie). Le premier numéro a été lancé, en décembre 2003, lors de la Grande conférence organisée à Dakar (Sénégal) dans le cadre de la célébration du 30e anniversaire du CODESRIA. Il est à noter que depuis cette date, de nombreuses contributions ont été apportées à la Revue africiane des livres par d’éminents universitaires et des personnes ressources provenant de tout le continent et de la diaspora.
  • Revue de l’enseignement supérieur en Afrique : Elle publie des analyses, de l’information et des approches critiques des défis actuels auxquels l’enseignement supérieur reste confronté à travers le continent tout en mettant un accent particulier sur la recherche et les politiques d’orientation en cours. La Revue de l’enseignement supérieur en Afrique publie des contributions de chercheurs, de professionnels et de décideurs politiques, en anglais et en français.
  • Sélection Afro-Arabe pour les Sciences sociales : Publication annuelle du Centre de recherche arabe du Caire (Egypte) et du Conseil pour le développement de la recherche en sciences sociales en Afrique (CODESRIA), elle contient une sélection d’articles publiés dans les revues du CODESRIA au cours de l’année ainsi que d’autres publications en provenance du monde arabe. Cette revue est publiée en arabe.
  • Afrika Zamani : Revue annuelle publiée par le CODESRIA pour le compte de l’Association des Historiens Africains (AHA), elle est consacrée à l’histoire de l’Afrique et couvre toutes les périodes. Elle sollicite des articles portant sur l’analyse des processus historiques et la réflexion critique sur les approches méthodologiques et l’historiographie. Les langues de publication de la revue sont l’Anglais, l’Arabe, le Français et le Portugais.

Voilà donc un florilège d’actions concrètes pouvant accroître la visibilité, des publications scientifiques initiés par les africains. Reste à bien vulgariser tout cela, ce qui est l’objet de ce post, pour que cela puisse profiter au plus grand nombre. L’institution a tout à gagner en s’appropriant ce mode de diffusion qu’est le blog, parce que les éventuels feedbacks (commentaires, rétroliens…) lui permettront de mieux évaluer son offre de publications scientifiques.

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N° 38 – Toujours du Web 2.0

Notre ancrage dans l’environnement des médias sociaux continue, causé par un heureux hasard qui s’est manifesté en un atelier interactif organisé à Dakar par le CODESRIA, dans le cadre du projet IKM Emergent. En effet en ce début de mois de juin on a encore parlé de Web 2.0 avec un panel composé essentiellement de bibliothécaires ou documentalistes intervenant dans des organisations internationales basées au Sénégal. Ce groupe de  « bibliodocaires » était complété par deux « intrus » dont moi-même, opérant dans la bibliothéconomie universitaire. Le but de cette rencontre animée par deux experts travaillant pour le projet IKM, était de permettre à IKM Emergent, qui s’intéresse à l’émergence de nouvelles manières de penser utilisables dans le monde du développement international, de faire une démonstration de nombre d’outils et techniques d’information, avec une réflexion collective de leur impact sur nos modèles et pratiques d’échange du savoir. En effet IKM Interactive concentre ses efforts sur le rôle de l’information et des outils d’information et plus particulièrement sur la manière dont ils affectent l’échange des connaissances. Ces outils et techniques dont il est question, sont pour la plupart ceux qui sont estampillés « 2.0 ». En effet on a beaucoup parlé de « social bookmarking » (Delicious), de microblogging (Twitter), de collaboration scientifique (Connotea), de flux RSS (Netvibes), de blogging (WordPress), de wikis (PbWorks) etc.. Donc autant de choses qui ne pouvaient qu’attiser mon intérêt et un désir largement assouvi, de partager mes expériences et celles de mon institution en la matière déjà visibles dans les billets N° 36 et N° 37, où tout cela est exposé en détail. Au fait, je profite de l’occasion pour signaler deux autres services que nous utilisons.  Cela concerne Connotea, où nous proposons une sélection d’articles scientifiques et CiteULike utilisé pour signaler des travaux académiques (thèses et mémoires), le tout en texte intégral.

Il a été aussi beaucoup question de Google, dans la séance consacrée aux biais de l’Internet.  Google et ses commandes générales comparées à celles des moteurs de recherche spécialisés,  démonstration du classement de ses pages (sans dévoiler l’algorithme de Larry Page :-) ), démonstration et pratique sur les ressources en IST sur Internet (Google Scholar Scirus, Google Books, blogs scientifiques) et enfin  d’une illustration de ces biais à travers l’utilisation de IKM Vines.

Une autre plage importante de l’atelier concernait la « science en ligne et le Sud » avec des démonstrations et discussions sur l’accès à la documentation scientifique avec les projets DOAJ, Agora, Hinari, Oare et Peri, sur le travail avec une bande passante limitée (qui est quelque part notre lot quotidien). Dans la pratique les participants ont aussi eu une idée de ce qu’est le travail collaboratif avec le wiki d’IKM interactive et ont pu voir en démonstration ce qu’est, l’extraction et l’utilisation de documents audiovisuels à partir du Web (iTunes), le géo-mapping, l’intégration des réseaux sociaux et la création de blog et de wikis.

J’en ai profité pour accroître mes connaissances sur Twitter, surtout l’utilisation de Twitterfeed pour signaler automatiquement (sur Twitter) des informations provenant de ses comptes sur d’autres plateformes 2.0. Aussi si vous voulez voir comment ça « gazouille » dans l’ensemble du globe terrestre, cliquez sur ce lien.

Après la séance sur la création d’un blog, M. Olivier Sagna, maître d’œuvre de cet atelier a eu l’ingénieuse idée de créer un blog pour une des revues du CODESRIA. Sur la page d’accueil il propose un accès au sommaire du dernier numéro, une deuxième page est consacrée à la présentation de la revue, avant d’accéder à une autre page qui présente, elle, les archives de la revue en texte intégral (le must pour moi), on peut aussi accéder au catalogue de l’organisme et à la liste de toutes les revues qu’il publie. Le graphisme, quant à lui est très proche du design de la version imprimée, pour vous faire une idée de tout cela, consultez le blog en question et sa version en langue anglaise. On attend vivement la suite pour les 11 autres revues du CODESRIA.

Voilà un moyen astucieux de vulgarisation et montre encore une fois de plus tout ce qu’on peut imaginer et faire avec les médias sociaux. Car tout l’enjeu est là pour nous, s’approprier ces médias gratuits, les adapter à notre contexte, collaborer entre nous et créer du contenu facilement accessible sur le web. Qui a dit que le Web 2.0 était aussi de l’intelligence…collective ?

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N° 37 – Encore du Web 2.0

« Notre bibliothèque fait du web 2.0″.

Tel est le titre du post précédent et les échos, comme celui-ci, reçus d’un peu partout nous confortent dans l’idée d’avoir eu raison de le faire .  Alors insistons pour que nos « entreprises » documentaires s’y essayent, il sera toujours temps d’évaluer les résultats après. Ne perdons pas de vue que nos utilisateurs actuels et futurs contrairement à ceux d’il y a quelques années sont des « Digital natives » (il n’y a qu’à voir le nombre d’étudiants utilisant des ordinateurs portables dans notre campus) et fortement impliqués dans la mouvance des Médias sociaux. Cela implique une nouvelle attitude concernant le marketing de nos systèmes d’information documentaire, marketing qui doit nécessairement passer par l’usage du canal numérique. Alors ne nous privons pas de cette formidable possibilité de créer du contenu sur le Web (sans pouvoir écrire une seule ligne de code) qui nous est offerte par le monde du Web 2.0.

Pour appuyer tout ce prosélytisme en faveur de la « religion » 2.0… qui relie les gens, j’ai animé une petite communication sur le sujet dans notre bibliothèque (qui fait du Web 2.0 :-) ). Voir la (longue) présentation ci-dessous.

Pour finir, petit jeu de synonymie : Médias sociaux = Web 2.0 et le premier terme est de plus en plus à la mode .

Les navigateurs se mettent aussi dans la socialisation, exemple de Flock un petit bijou à découvrir et télécharger …absolument génial.

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